La vraie langue celtique – Page 145

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La vraie langue celtique de l’abbé BOUDET – Page 145

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Partie analysée : Page 145 – Premier paragraphe :

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Henri Boudet nous dit que « les tarbelli » occupaient les côtes de l’océan. Et c’est ainsi qu’Ausone appelait le golfe de Gascogne, l’océan Tarbellien.

Les tarbelles étaient effectivement le peuple qui habitaient au bord de l’océane atlantique, entre bordeaux et les Pyrénées. Ils avaient comme capitale, la ville « Aquae Tarbellicae », c’est-à-dire « les eaux de Tarbelles ». Elle fut nommée ensuite « Acqs ». Elle est connue aujourd’hui sous le nom de «  Dax ».

On remarque la proximité des mots « Equus », c’est-à-dire « cheval » en latin qu’Henri Boudet a avancé comme origine du mot « Aquitaine »  et « Acqs », la capitale des Tarbelliens dont le nom latin était « Aquae Tarbellicae » et qui est aujourd’hui « Da ».

Et évidemment, « Acqs » fait penser à « Axe ».

Le premier auteur antique cité pour les Tarbelles est effectivement Ausone. Ausone situait  la ville « Aquae Tarbellicae » dans des contrées où mugit le peuple des tarbelles. Ausone était un homme politique et un homme de lettre de l’époque gallo-romaine (309-394).

Henri Boudet nous dit que Strabon prétend que leur pays était riche d’un or excellent : cependant les mines d’or de la contrée n’étaient pour rien dans le nom qu’ils portaient.

Mais qu’est-ce que cela signifie ?

Dans le livre « Histoire de la Gascogne » de l’abbé Monlezun, dans les notes en fin du livre nous trouvons en page 424 :

Les premiers (les tarbelliens) paraissent avoir occupé tout le littoral de l’Océan, depuis les Pyrénées jusqu’à la pointe du Médoc ; Tarbella Pyrene, les Pyrénées Tarbeliennes, a dit Tibulle.

Et Ausone nomme Océan Tabeliien, Oceanus Tarbellicus, la mer de Gascogne

… /…

Strabon prétend que leur pays était riche des mines d’un or excellent.

… / …

A l’extrémité de leur territoire, les Tarbelliens possédaient une autre ville, nommée Lapurdum, d’où vient le pays de Labour ou Labourdan. On croit que c’est Bayonne.

 

Les Tarbelliens occupaient le littoral de l’Océan. C’est que que reprend Henri Boudet. Cet élément est rapporté par Tibulle mais Henri Boudet ne ous donne pas le nom de l’auteur. Quelle est la raison de l’absence de la source (Tibulle) ? Henri Boudet ne voyait pas d’intérêt à citer Tibulle alors qu’il voit à intérêt à citer Ausone et Strabon ? Pourquoi ?

Tibulle était un poète romain (né vers -50 avant J.-C., et mort vers -19 avant J.-C.) qui exerça ses talents à l’époque d’Auguste. Il est issu d’une riche famille équestre romaine, c’est-à-dire de chevaliers romains. Nous vous renvoyons vers la page de wikipédia pour avoir plus d’informations sur le statut de chevalier romain.

Dans le livre de l’abbé Monlezun, nous apprenons aussi que les romains étaient très friands des eaux thermales. Et en Novempopulanie, les romains allaient même à préférer les eaux thermales d’Acqs (Dax) que les eaux thermales des Pyrénées.

Les eaux thermales de Rennes-les-bains utilisées depuis l’époque romaine est un élément contextuel qui attire notre attention sur le commentaire précédent que l’on trouve sur les Tarbelliens dans le livre de l’abbé Monlezun.

Nous voyons que les 3 éléments (L’océan tarbellien d’Ausone, les mines d’or de Strabon et La ville de Lapurdum) sont issus du livre de l’abbé Monlezun mais qu’Henri Boudet a rajouté ou supprimé des informations ou des éléments pour étayer ses propos sur chacun de ces 3 éléments.

Reprenons !

Henri Boudet nous dit que « Strabon prétend que leur pays était riche d’un or excellent : cependant les mines d’or de la contrée n’étaient pour rien dans le nom qu’ils portaient. »

Mais qu’est-ce que cela signifie ? Que signifie la remarque « cependant les mines d’or de la contrée n’étaient pour rien dans le nom qu’ils portaient. » ?

En quoi le nom « tarbellien » aurait-il un rapport avec l’or ou les mines d’or ?

L’abbé Monlezun nous dit qu’il ne faut pas confondre les « Tarbelliens » avec les habitants de la ville de « Tarbes ». Les habitants de Tarbes s’appelaient les Bigerriones, Bigoudans. « Bigerriones » est le nom utilisé par Jules César dans ses commentaires sur les Guerres des Gaules au peuple aquitain, distinct des « Tarbelli ». « Bigoudans »

Faut-il voir un jeu de mots à deux balles sur « Tarbes » capitale du « comté de Bigorre (Big or ! l’endroit où il y a beaucoup d’or) » et « Acqs », la capitale des « Tarbelliens » ?

Au sud-est de Tarbes, nous retrouvons une nouvelle-fois la commune de l’Arreau qui se trouve dans l’a vallée de l’Aure.

Strabon était un géographe grec (né vers -60 avant J.-C., mort vers -20 avant J.-C.) contemporain de Tibulle. Ausone était un homme politique et un homme de lettre de l’époque gallo-romaine qui naquit et vécu dans la région Aquitaine (309-394).

Tous les textes des auteurs antiques que nous avons trouvés (hormis Diodore de Sicile) parlent de la géographie et des légendes Ibériques uniquement.

Dans « Extraits des auteurs grecs concernant la géographie et l’histoire des Gaules » d’Edmond Cougny, de 1878, nous relevons les commentaires suivants d’Eustathe de Théssalonique (1115 – 1195) :

 

De ces Ibères d’Europe les Ibères orientaux sont une colonie, comme des Galates européens ceux d’Asie, près d’Ancyre… Celtus et Iber sont fils d’Héraclès et d’une femme barbare, et c’est d’eaux que viennent ces peuples, les Celtes et les Ibères.

 

Aux environs de la Pyrène, c’est-à-dire du mont Pyrènè, habitent les Celtes, près de la source de l’Eridan aux belles eaux, qui, au dire de quelques-uns, est le fleuve appelé aujourd’hui Pade (Le Pô)… « Les enfants des Celtes, assis sous les peupliers, expriment les larmes de l’ambre qui a l’éclat de l’or…, » cela veut dire qu’ils recueillent l’ambre qui est tel… Il est évident que ledit ambre, en raison de son éclat doré, passe pour être les larmes d’Héliades. Car l’or est le métal consacré au soleil. Notez de Dionysios (Denys) appelle plus loin l’ambre pierre parapotamienne (c’est-à-dire qui se trouve sur les bords des fleuves) – La Pyrène est une très grande montagne qui sépare l’Ibérie de la Celtique… Au lieu de « Keltoi », le géographe (Strabon) dit « Keltai ». C’est de leur nom que tous les Galates d’Europe ont été appelés Celtes par les Hellènes.

 

Henri Boudet nous dit que les Tarbelliens savaient goudronner leurs baques légères pour lutter contre l’action destructive des eaux de mer.

C’est ainsi qu’Henri Boudet décompose « Tarbelli » en :

  • « to tar » signifie goudronner »
  • « to belly » signifie « bomber »

Henri Boudet nous dit qu’à l’extrémité de leur territoire, du côté de l’Espagne, les Tarbelli possédaient une ville, Lapurdum, dont le nom a servi plus tard à désigner le pays de Labour ou Laboudan. On croit que c’est Bayonne. Lapurdum, l’ancien Bayonne, devait être placé sur les bords de la mer, puisque les flots de l’Océan Tarbellien arrivaient jusqu’à lui.

Ce que rapporte Henri Boudet est plutôt fidèle à ce qu’écrit l’abbé Monlezun. Henri Boudet a rajouté la mention « du côté de l’Espagne », mention absente des écrits de l’abbé Monlezun.

« Labour » est une des sept provinces constitutives originellement du pays basque. L’expression  « Zazpiak Bat » qui signifie « Les sept (provinces font) une ». Ces 7 provinces étaient : Alava, Guipuscoa, Biscaye, Navarre, Labourd, Basse-Navarre, Soule.

C’est ainsi qu’Henri Boudet décompose « Labour » en :

  • « to lap » signifie « lêcher »
  • « ord » signifie « bord »

C’est-à-dire « Lapord ».

 

Selon le dictionnaire Anglais-Français de Percy Sadler, les traductions sont les suivantes :

  • « tar » signifie « goudron, poix préparé pour goudronner les vaisseaux, marin, matelot »
  • « to tar » signifie « goudronner, enduire de goudron »
  • « tare » signifie « ivraie, mauvaise herbe qui croit parmi les blé, (com.) tare, diminution de la qualité ou la quantité des marchandises, déchet, poids d’emballage »
  • « tare » signifie « Prétérit de to tear, déchirer »
  • « to tare » signifie « trouver la tare, diminuer pour la tare »
  • « tartan » signifie « tartan, étoffe de laine à carreaux dont s’habillent les habitant du nord de l’Ecosse »
  • « tartar » signifie « tartre, concrétion terreuse et saline déposée par le vin sur les parois des tonneaux. Tartare, habitant de la Tartarie, (poésie) l’Enfer »
  • « belly » signifie « ventre, panse, entrailles, sein »
  • « the lower-belly » signifie « le bas-ventre»
  • « to belly » signifie « s’enfler, bomber »
  • « bellyfull » signifie « saoul, rassasiement »
  • « belly-timber » signifie « vivres »
  • « a bully » signifie « bravache, fendant, olindeur, rodomont, fier à bras, tranche-montagne, pourfendeur, matamore, bretteur »

Dans la partie Français-Anglais du dictionnaire, nous retrouvons les mots suivants :

  • « coudran » se traduit en anglais par « a sort of tar »
  • « coudranner » se traduit en anglais par « to tar »
  • « coudranneur » se traduit en anglais par « a tarrer »
  • « goudron » se traduit en anglais par « tar, pitch and tar, a recipous substance used to caulk ships »
  • « goudronner » se traduit en anglais par « to tar, to do over tith tar, to pitch »
  • « tard » se traduit en anglais par « late »
  • « tare » se traduit en anglais par « tare, weight of cases, etc, in which goods are packed, wase, defect, fault »
  • « taré, e » se traduit en anglais par « blemished, ill-fames, Is a man of bad character »
  • « tarer » se traduit en anglais par « to tare, to spoil, to weight »
  • « bas-ventre » se traduit en anglais par « the lower-belly »
  • « abdomen » se traduit en anglais par « the abdomen, the lower venter or belly »
  • « dévoiement » se traduit en anglais par « a lax, a flux of the belly »
  • « gaster » se traduit en anglais par « (med.) gaster, the belly, the abdomen »
  • « gastroraphie » se traduit en anglais par « (chir.) gastroraphy, sewing up the belly »
  • « gastrotomie » se traduit en anglais par « (chir.) gastrotomy, incision in the belly »
  • « gaster » se traduit en anglais par « (med.) gaster, the belly, the abdomen »
  • « panse » se traduit en anglais par « paunch belly »
  • « ventre » se traduit en anglais par « belly »
  • « ventrière » se traduit en anglais par « belly-hand »
  • « manger son blé en herbe » se traduit en anglais par « to eat the calf in the cow’s belly »
  • « bretteur » se traduit en anglais par « a bully, a tilter, a duellist »
  • « bretter, bretteller » se traduit en anglais par « to chip stone, to shape »

A proximité des mots que nous avons trouvés, nous retrouvons les mots suivants :

  • « coudrer » se traduit en anglais par « to prepare leather by soaking »
  • « coudraie, coudrette » se traduit en anglais par « a grove of hazel-trees »
  • « coudrier » se traduit en anglais par « a nut-tree, a hazel-tree »
  • « goton » se traduit en anglais par « a bad girl, tiller-wheel »
  • « goudiller » se traduit en anglais par « to scull »
  • « gourgandine » se traduit en anglais par « a trull, a strumpet »
  • « tanner » signifie « Tanneur, celui qui tanne les cuirs »
  • « tannery » signifie « Tannerie, lieu où l’on tanne les cuirs »
  • « tannin » signifie « Tannin ou tanin, substance extraite de l’écorce du chêne ou des autres ingrédients propres à tanner la peau »
  • « bell » signifie « cloche, grelot, calice d’une fleur »
  • « to bell » signifie « (bot) fleurir en forme de cloche »
  • « belle » signifie « une belle, une élégante, une jeune demoiselle »
  • « bell-ringer » signifie « sonneur »
  • « belluine » signifie « brutal, de bête sauvage »

 

« to belly » se rapproche des sonorités du mot « tubal » et au verbe « to bell » que nous avons vu dans les pages précédentes.

« belly » fait penser à « bell (clocher), to bell (sonner les cloches), « bully (ventre, fier à bras) »

L’ivraie est une plante nuisible pour les céréales.

Le couple « to tar » / « to belly » fait penser à un homme ventru, ivre, un fer à bras, quelqu’un de mauvais, de brutal, un taré. On entrevoit la destruction d’un homme peu recommandable.

 

Henri Boudet décompose « Labour » en :

  • « to lap » signifie « lêcher »
  • « ord » signifie « bord »

C’est-à-dire « Lapord ».

 

Selon le dictionnaire Anglais-Français de Percy Sadler, les traductions sont les suivantes :

  • « to lap » signifie « laper, lécher en parlant des chiens »
  • « to lap » signifie « envelopper, entortiller »
  • « lap » signifie « giron, les plis d’un vêtement »
  • « lap » signifie « (charp.) recouvrement »
  • « come to my lap » signifie « venez sur mes genoux »
  • « lapful » signifie « autant qu’en peut contenir un tablier, une grande quantité »
  • « lapicide » signifie « graveur sur pierre »
  • « lapidary » signifie « lapidaire, marchand de pierre précieuse »
  • « to lapidate » signifie « lapider, assomer à coups de pierre »
  • « lapidation » signifie « lapidation, action de lapider »
  • « earlap » signifie « le lobe de l’oreille »
  • « ear » signifie « oreille, un épi de blé, anse »
  • « to ear » signifie « monter en épi, labourer, cultiver »
  • « ord » signifie « (peu usité) pointe, bord, commencement »
  • « ords ans ends » signifie « parties dans rapport, sans liaison, mélange confus, galimatia »
  • « hoard» signifie « amas fait en secret, trésor »
  • « to hoard » signifie « amasser, accumuler en secret, thésauriser »
  • « hoarder » signifie « celui qui amasse, qui accumule »
  • « horde » signifie « horde, bande, troupe »
  • « ordure » signifie « ordure, saleté »
  • « ore » signifie « mine, minéral, minerai, métal dans son état naturel »
  • « orgal » signifie « tartre, lie de vin séchée »
  • « lord » signifie « le Seigneur, Dieu, seigneur, maitre, monarque, mari, noble, lord, saleté »
  • « to lord » signifie « dominer, tyrannier, opprimer, se conduire avec arrogance »
  • « treasure » signifie « trésor, amas d’or, d’argent, amas de choses précieuses, chose précieuse »
  • « treasurer » signifie « trésorier, garde d’un trésor »
  • « the ord high treasurer » signifie « le ministre des finances »

 

Dans la partie Français-Anglais du dictionnaire, nous retrouvons les mots suivants :

  • « horde » se traduit en anglais par « hord, horde, a wandering tribe, a clan, a multitude, a troop, a band »
  • « gredin » se traduit en anglais par « a beggr, a scurvy fellow, a vagabond, a scoundred, a lap-dog, a small long-haires dog »
  • « bordé à clin (mar.) » se traduit en anglais par « clincher-built, lap-jointed »
  • « lapidation » se traduit en anglais par « lapidation, stoning »
  • « lapider» se traduit en anglais par « lapidate, to stone »
  • « oraison » se traduit en anglais par « oraison, prière »
  • « ordeal » se traduit en anglais par « ordalie, jugement de Dieu, épreuve »
  • « cendier » se traduit en anglais par « the lord of the manor »
  • « droit censuel, rente censuelle » se traduit en anglais par « a fee or rent formely paid to a superior lord »
  • « monseigneur » se traduit en anglais par « my lord »
  • « seigneur » se traduit en anglais par « lord, master »
  • « dominateur » se traduit en anglais par « dominator, a governor, a lord, a ruler »
  • « burgrave » se traduit en anglais par « burgrave, the lord of a German city »
  • « lige » se traduit en anglais par « a duty paid by the liege man to the liege lord »
  • « tour» se traduit en anglais par « a tower, a steeple, a rock or a castle at chess »

A proximité des mots que nous avons trouvés, nous retrouvons les mots suivants :

  • « horn » signifie « corne, cor, trompe »

Faut-il garder le sens premier de  « to lap + ord » ? C’est-à-dire « lêcher le bord » ?

Lécher le bord de quoi ? Le bord de la cuvette ?

Nous ne le trouvons pas dans le dictionnaire de Percy Sadler mais « lap » peut se traduire en « un tour (de circuit) » ou « genou » comme « laptop » comme les ordinateurs portables que l’on pose « sur les genoux (laptop) ».

Le tour porte la notion d’un cercle. Cela peut-être un tour de piste ou un tour de cadran.

Et « la tour » aux échecs se nomme « rock » ou « castle » en anglais.

 

Dans cette association « to lap + ord » on peut y voir :

  • Le tour (lap) d’un bord, c’est-à-dire tourner autour qui donne une notion de cercle
  • Un trésor (hoard) de pierres précieuses (lapidary, stone)
  • Un tour, une tour, un rocher, un château (a lap, a tower, a rock, a castle)

Nous avons un trésor dans une tour, dans un château, dans un rocher qui s’inscrit dans un cercle.

A méditer

Carte de la Novempopulanie en 600

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Extrait du livre « Histoire de la Gascogne » de l’abbé Monlezun, de 1846.

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« Extraits des auteurs grecs concernant la géographie et l’histoire des Gaules » d’Edmond Cougny, de 1878 :

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Carte des fiefs de Gascogne (vers 1150)

Nous retrouvons :

  • « Bayonne » du Vicomté Labourd
  • « Dax » du Vicomté de Dax
  • « Tarbes » du Comté de Bigorre

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Carte des pays de tradition Bretonne

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Les armoiries des 7 provinces basques (Zazpiak Bat)

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Partie analysée : Page 145 – Deuxième paragraphe :

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Henri Boudet a vu la nécessité de rajouter la mention « Notes » après « (1) Histoire de la Gascogne par l’abbé Monlezun ». Cette mention est absente pour la citation du début de page. En existe-t-il une raison ?

Nous avions vu dans la page précédente, que les informations citée par Henri Boudet venait de la même note que la présente information.

Cet élément nous interroge d’autant plus sur la présence de « Notes » en page 145 et de son absence en page 144.

Le texte rapporté par Henri Boudet est le suivant :

De Bigerriones est venu le nom de Bigorre qui désignait anciennement un château fort défendant la ville de Tarbes.

Deux de ses premiers pasteurs, Aper, dans le concile d’Agde, et St-Julien dans le quatrième concile d’Orléans, s’intitulent, l’un évêque de la cité de Bigorre, civitatis Bigorritanae, et l’autre évêque de la cité Bigerricae. Grégoire de Tours ne la nomme jamais autrement.

Le texte présent dans le livre de l’abbé Monlezun est le suivant :

Bigorre était plus particulièrement le nom d’un château qui la défendait : Tarba ubi castrum Bigorra, Bigorrum.

Néanmoins, deux de ses premiers pasteurs, Aper dans le Concile d’Agde et St-Julien dans le 4e Concile d’Orléans, s’intitulent l’un évêque de la ville de Bigorre, episcopus civitatis Bigorritanae, et l’autre évêque de la cité de Bigorre, episcopus civitatis Bigerricae. Grégoire de Tours ne la nomme jamais autrement.

 

Les écarts principaux portent sur la non reprise du mot évêque dans le titre en latin des deux évêques.

 

Selon Monlezun :

  • Aper, évêque de la ville de Bigorre, episcopus civitatis Bigorritanae
  • Saint-Julien, évêque de la cité de Bigorre, episcopus civitatis Bigerricae

Selon Boudet :

  • Aper, évêque de la ville de Bigorre, civitatis Bigorritanae
  • Saint-Julien, évêque de la cité Bigerricae

Et en plus, Henri Boudet, insiste sur le fait que Grégoire de Tours ne les appelle jamais autrement alors qu’il prend des raccourcis pour les nommer. C’est tout de même fort de café !

En latin :

  • « episcopus » signifie « évêque (dignitaire de l’Eglise) » et « inspecteur des marchés »
  • « civitas, -tatis » signifie « cité, droit de la cité, droit des citoyens, état »

 

Dans les « Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale, Tome 6, N°23, de 1894 », il est présenté un article qui se nomme « Géographie et politique du Sud-ouest de la France pendant la domination romaine »

Dans cet article, il est présenté une analyse sur l’origine des villes de Bigorre et de Tarbes et de la présence de ces archevêchés dans ces villes afin de déterminer les périodes auxquelles Bigorre et Tarbes furent le haut-lieu de l’archevêché.

 

La liste des prélats bigorrais dressées par M. Balence depuis 506 jusqu’au 13e siècle nous avons :

  • Ingenuus, presbyter missus a domino meo, Apro, espiscopo Bigorritanae civiatis s(ubscipsi.) 506 (concile d’Adge)
  • Julianus episcopus civiatis Bigerricae 541 (conc. D’Orléans)
  • …/…
  • Espicopatus Tarbiensis, in comitatu Bigorritano, episcopus Bigorriternensis ; Tarbensis ecclesia ; Pontius, Tarbensis episcopus 1er avril 1080

 

Jusqu’au 11e siècle, le titre était « évêque de Bigorre ».

Au 12e siècle les deux titres « évêque de Bigorre » et « évêque de Tarbes » furent utilisés ensemble.

Ce n’est qu’au 13e siècle que le titre « évêque de Tarbes » pris le pas sur le titre « évêque de Bigorre ».

Le terme « ubi castrum bogorra » fut ajouté à « civitas turba » à l’époque romaine et elle désignait un lieu fort. Le « castrum bogorra » était distinct du chef-lieu de la « civitas Turba ». Il réfute totalement le fait que le « castrum » a donné le nom à Bigorre car les « Bigerrones » de César, les « Begerri » de Pline et les « Bigessi » d’Ausone désignaient un peuple et non un lieu ou une ville.

Dans les plus anciens manuscrits, il faut lire « bogorra » et non « bigorra ». On croit reconnaitre « bigorra » dans le lieu de « Orra » ou « Orre » qui se trouvent sur les coteaux de saint-Lézer, village du canton de Vic (Hautes-Pyrénées).

 

Cela souligne que « Bigorre » est le dérivé d’un lieu donné « Orre ». Vous le comprendrez comme vous le voulez.

 

L’abbé Monlezun s’interroge sur l’emplacement de la ville de Tarbes car elle se trouve sur un plateau alors que les Aquitains plaçaient leur ville en hauteur.

On apprend que Bigorre était un château fort (certainement en hauteur) qui protégeait Tarbes.

Nous avons les deux premiers pasteurs, Aper, évêque de la ville de Bigorre et Saint-Julien évêque de la cité de Bigorre.

Cette description est très bizarre. On ne sait pas trop si Henri Boudet nous parle de pièces d’échecs, de tours, d’échecs, de personnages couronnés, de canon pour protéger une ville ou de droit canon ecclésiastique.

Il nous parle de conciles d’Agde et d’Or-léans (avec une césure entre « or » et « léans »). Les canonistes avaient pour travail de compiler les sources comme les ordonnances de conciles et les décrets du Pape.

Pourquoi mettre en regard ces deux évêques de la cité de Bigorre et la cité Bigerricae (nommée « ville de Bigorre » chez Monlezun) ?!

Et il rajoute « Grégoire de Tours »… « Tour » !

 

Nous avons vu juste avant que « tour » se traduit en anglais par « a tower » de manière classique et « a rock, a castle » soit « un rocher, un château » dans la dénomination des pièces du jeu d’échec.

Parle-t-on d’un lieu ou d’un jeu d’échecs (chess) ? Un lieu comme « Big-orre » où on pourrait deviner qu’il y aurait beaucoup d’or (Big + or) ?

On retrouve les deux tours, comme à Tours qui loue Saint-Martin de Tours : La tour Charlemagne et le Tour de l’horloge ?

Henri Boudet semble faire allusion à beaucoup de tours, dans tous les sens du terme !

Le mot « évêque » se traduit en anglais par « bishop ». Et le mot « bishop » possède plusieurs sens dont celui de « fou, la pièce aux échecs ».

« to bishop » signifie « maquignonner » c’est-à-dire mener ses affaires de manière malhonnête.

Aux échecs, le terme « Gambit » qui signifie en générale le sacrifice d’un pion pour débloquer une situation pour une défense ou une attaque, Percy Sadler sonne la définition « avancer son fou (bishop/évêque) de 2 cases après avoir déplacer son roi ou sa reine ».

 

Il est fort possible qu’Henri Boudet fasse des jeux de mots en latin, mais nous n’avons malheureusement pas la connaissance suffisante pour les comprendre.

Il parle de « Bigorrum ».

« Bigarum » (avec un « a ») est le génitif de « biga » qui signifie « bige, char attelé à des chevaux ».

« Bigorum » peut se décomposer en « big + or + room », c’est-à-dire « une grande pièce où il y a de l’or » ou « une pièce où il y a beaucoup d’or ».

 

En résumé, Henri Boudet, nous proposes une nouvelle fois, des éléments enchevêtrés :

  • Des objets ou des personnes qui se confondent avec des pièces d’échecs : des tours/rock/castle, des fous/évêques.
  • Une topographie : Situation de la ville et du castrum (lieu fortifié)
  • Des lieux ambigüs : entre Castre et Bigorre et « Bigorre » qui peut être un lieu précis ou bien une population aquitaine.

Nous restons sur notre faim.

 

Extrait de « Commentaires sur la Guerre des Gaules » de Jules César :

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Extrait du livre « Histoire de la Gascogne » de l’abbé Monlezun, de 1846.

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Extrait des « Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale, Tome 6, N°23, de 1894 », article « Géographie et politique du Sud-ouest de la France pendant la domination romaine »

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Liens externes :

Novempopulanie : https://fr.wikipedia.org/wiki/Novempopulanie

Tarbelles : https://fr.wikipedia.org/wiki/Tarbelles

Tarbelles : https://arbre-celtique.com/encyclopedie/tarbelles-aquenses-752.htm

Aquae Tarbellicae : https://fr.wikipedia.org/wiki/Aquae_Tarbellicae

Tibulle : https://fr.wikipedia.org/wiki/Tibulle

Ausone : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ausone

Chevaliers romains : https://fr.wikipedia.org/wiki/Chevalier_romain

Strabon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Strabon

Tarbes : https://fr.wikipedia.org/wiki/Tarbes

Comté de Bigorre : https://fr.wikipedia.org/wiki/Comt%C3%A9_de_Bigorre

Pays Bigouden : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pays_Bigouden

Biguerres : https://fr.wikipedia.org/wiki/Biguerres

Arreau : https://fr.wikipedia.org/wiki/Arreau

Labourd : https://fr.wikipedia.org/wiki/Labourd

Zazpiak Bat : https://fr.wikipedia.org/wiki/Zazpiak_Bat

Ivraie : https://www.cnrtl.fr/definition/ivraie

Droit canonique : https://fr.wikipedia.org/wiki/Droit_canonique

Ammi : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ammi

Bischoff : https://www.cnrtl.fr/definition/bischoff

Maquignonner : https://www.cnrtl.fr/definition/maquignonner

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