La vraie langue celtique de l’abbé BOUDET – Page 140

Partie analysée : Page 140 – Premier paragraphe :

Henri Boudet nous dit que les Aquitains ne seraient pas issus des Celtes mais ils seraient de la même famille que les Celtibériens au regard de leurs traditions, néanmoins ils ont adopté les habitudes et les institutions Celtes. Il prend pour exemple l’institution des « soldures » qui est typiquement celtique et que l’on attribue aussi aux Ibériens.
Le rapprochement entre les Aquitains et les Ibériens va dans le sens de ce qu’a déjà affirmé Henri Boudet dans les pages précédentes.
La pratique des « soldures » qui est partagée par les Celtes et les Aquitains est une nouvelle information.
En Gaule Aquitaine, le soldure était un homme qui se plaçait sous les ordre d’un homme influent ou un chef et il lui était fidèle jusqu’à la mort.
Déjà en page 20 de notre livre, nous avions vu que dans « Histoire de la philosophie en France – La période Gauloise », l’auteur A-F Gatien-Arnoult nous avait fait une description des statuts sociaux dans le monde gaulois. Il décrit :
- Les Tierns : Les chefs civils, hommes riches et puissants
- Les ambacts : hommes plus faibles et plus pauvres que les Tierns, serviteurs des Tierns
- Les Brenns : Les chefs militaires
- Les Soldurii ou Soldurs ou Dévoués : Hommes qui combattaient et guerroyaient et avaient une dévotion extrême au Brenn, à la vie à la mort. Ils avaient un niveau social proche de l’aristocratie. On peut les assimiler comme des chevaliers.
Un homme pouvait être à la fois chef civil (Tiern) et chef militaire (Brenn).
Extrait de « Histoire de la philosophie en France – La période Gauloise » de A-F Gatien-Arnoult :




Partie analysée : Page 140 – Deuxième paragraphe :

Henri Boudet nous propose un extrait du livre « Histoire de la Gascogne » de l’abbé Monlezun, de 1846.
Dans les premières pages du livre, nous apprenons que ce sont les romains qui nommèrent cette région « Aquitaine ». Il propose une originale latine au nom « Aquitaine » : « aqua » mot latin signifiant « eau » et « tania », mot grec/barbare désignant l’idée de « pays ». L’aquitaine est baignée par la mer et traversée par de nombreuses rivières ».
Elle fut appelée avant « Armorique » qui signifie « vers / en bord de mer ».
Une quarantaine de peuplades se partageaient l’aquitaine.
L’extrait donné par Henri Boudet est le suivant :
| Une institution qui lui est particulière (à l’Aquitaine), et qui est étrangère aux Gaulois, dit le très estimable auteur de l’Histoire de la Gascogne, l’abbé Monlezun, est celle des Solduriens ou plutôt saldunes (de l’Escualdunal, zaldi ou saldi, cheval ; salduna, qui a un cheval, cavalier, l’eques romain); on nommait ainsi des soldats qui se vouaient à un chef, partageaient à jamais sa destinée , ou plutôt s’identifiaient tellement avec lui qu’il n’est pas d’exemple qu’un seul lui ait jamais survécu. (1) Dès que le chef succombait, on les vovait chercher dans la mêlée une mort glorieuse, et s’ils ne pouvaient l’y trouver, ils revenaient se percer sur le corps de celui qui avait leur foi.
|
L’extrait du livre de l’abbé Monzelun est le suivant :
| Une institution qui lui est parti culière et qui est étrangère (3) aux Gaulois, est celle des Solduriens ou plutôt Saldunes (de l’Escualdunal (*) zaldi , ou saldi, cheval, salduna ,qui a un cheval, cavalier, l’Eques , romain); on nommait ainsi des soldats qui se vouaient à un chef, partageaient à jamais sa destinée , ou plutôt s’identifiaient tellement avec lui qu’il n’est pas d’exemple qu’un seul lui ait jamais survécu (4). Dès que le chef succombait, on les voyait chercher dans la mêlée une mort glorieuse, et s’ils ne pouvaient l’y trouver ils revenaient se percer sur le corps de celui qui eut leur foi.
(1) Strabon.—(2) Diodore de Sicile. —(3) César, de Bello Gallico, liv. 3. (*) L’Escualdunal est la langue des Basques actuels. (4) César, id. |
Le texte rapporté par Henri Boudet est très fidèle à l’original. Les écarts sont minces.
Henri Boudet donne la formule « celui qui avait leur foi » alors pour l’abbé Monselun nous avons « celui qui eut leur foi ».
On remarque l’erreur sur le mot « voyait » qui est écrit « vovait ». On remarque que ce mot est surplombé par le « (1) » et que l’espacement de la ligne est très important au regard des autres lignes. Le mot de la ligne suivante, qui est « dans » pouvait amplement rentrer dans la ligne où se trouve le mot « vovait ».
Cela laisse encore une fois penser que les positions des mots dans les lignes, dans les paragraphes et les pages doivent revêtir une certaine importance.
Dans cet extrait, nous voyons qu’Henri Boudet prend la référence de l’abbé Monlezun pour donner comme origine au mot « soldure », plus exactement « solduriens, seldunes » les mots basques suivants :
- « escaldunal » qui signifie « la langue basque »,
- « zaldi/saldi » qui signifie « cheval »
- « salduna » qui signifie « qui a un cheval, cavalier » à rapprocher de « eques » romain
Ce statut de « soldure » est un peu l’image d’un vassal vis-à-vis de son suzerain, en féodalité, c’est à dire un Seigneur qui a fait allégeance à un autre Seigneur plus puissant.
D’après les différents commentaires romains, les aquitains les plus retors ont été les Sotiates. Ils habitaient le territoire de la région de Sos dans le Lot-et-Garonne. Le nom « sos » est assez particulier. Il fait penser à « S.O.S. ».
La référence de bas de page est intrigante :
| (1) J. César, de bell. gall. lib. III. 22. |
Le « J. César » est en français.
Le « de bell. gall. Lib. III.» est en latin
Le « 22. » est en chiffres arabes utilisés en français.
Les commentaires de la Guerres de Gaules de Jules César se nomment en latin :
- « Commentarii de Bello Gallico »
- « Bellum Gallicum »
- « De Bello Gallico »
La référence utilise dont la contraction de la troisième formule « De Bello Gallico »
Le « de bell. gall. lib. III.» est donc l’abréviation de « de bello gallico – Liber III.».
Si tout était en latin, nous aurions dû avoir « de bello gallico – Liber III. XXII.»
Ce (1) qui surplombe ce « vovait » qui donne le renvoi avec une référence assez long mais composée d’abréviations. Nous avons un nombre important de « l » et de « . », c’est-à-dire de barres et de points en quelque sorte. Cela nous fait une nouvelle fois penser à du morse.
Le code morse a été inventé en 1838.
Ou bien beaucoup plus prosaïquement, « un code césar » ! Jules César utilisait un mécanisme de décalage des lettres de l’alphabet pour coder ses messages secrets.
Sommes-nous face à un code César ?
Dans ce cas, comment faudrait-il décoder le « (1) J. César, de bell. gall. lib. III. 22. » ?

Extrait du livre « Histoire de la Gascogne » de l’abbé Monlezun, de 1846 :




Extrait de « Commentaires sur l Guerre des Gaules » de Jules César :




Liens :
Soldure : https://fr.wiktionary.org/wiki/soldure
Sotiates : https://fr.wikipedia.org/wiki/Sotiates
Sos : https://fr.wikipedia.org/wiki/Sos_(Lot-et-Garonne)
SOS morse : https://fr.wikipedia.org/wiki/SOS
Code morse : https://fr.wikipedia.org/wiki/Code_Morse_international
Code César : https://fr.wikipedia.org/wiki/Chiffrement_par_d%C3%A9calage



