La vraie langue celtique de l’abbé BOUDET – Page 139

Partie analysée : Page 138 – Premier paragraphe :

Henri Boudet renchérit sur l’espadrille comme étant une chaussure si légère qu’elle permettait aux basques de se livrer à des guerres d’embuscade, ce qui leur conférait une agilité rare. Ils étaient tpour ainsi dire insaisissable. Ils avançaient peu nombreux avec des attaques rapides et placées qui devaient étonner leurs adversaires.
La signification du terme « spartinac » porte à lui-seul le génie guerrier des basques. Ils étaient dans ces temps reculés comme aujourd’hui des guerrilleros.
Toujours dans le livre de Louis Fabre « Le guide de la conversation Français-Basque », en page 426, nous trouvons un petit paragraphe concernant l’agilité des basques. Ce paragraphe est le suivant :
| Elle est devenue proverbiales. Ils marchent si lestement et avec une telle rapidité, qu’il n’est pas rare de leur voir franchir dans un jour une distance de 60 kilomètres et souvent davantage. |
Henri Boudet avance donc que c’est grâce à leurs chaussures légères que les basques pouvaient se déplacer aussi vite. Cela nous parait bien hasardeux comme affirmation.
On peut se dire que le commentaire d’Henri Boudet est bien en lien avec le livre de Louis Fabre et plus particulière sur ce paragraphe sur l’agilité des basques. Quel intérêt pour Henri Boudet de nous dire cela ? Ne faudrait-il pas uniquement s’arrêter sur la distance parcourue par jour par les basques, c’est-à-dire 60 kilomètres ? Mais alors, qu’est-ce que ce 60 kilomètres pourrait nous indiquer ?
A la vue de leur technique de combat, Henri Boudet qualifie les basques de « guerrilleros », écrit en version espagnole.
« Guerilleros » est le dernier mot de ce paragraphe consacré aux basques en particulier et aux tribus ibériennes en particulier. Connaissant les procédés d’Henri Boudet, ce mot doit donc avoir une importance certaine. Mais laquelle ?
Extrait de « Guide de la conversation Français-Basque », par Louis Fabre :

Partie analysée : Page 138 – Deuxième paragraphe :

Henri Boudet va continuer sa déclinaison des tribus qui ont vécus dans le sud-ouest de la France en mots anglais (celtiques). Après les tribus ibériennes, il va nous parler des tribus de l’Aquitaine. Dans cette zone géographique, Henri Boudet soit qu’il va nous montrer les traces importantes entre le mélange des celtes et des familles ibériennes.
Il reprend d’anciens auteurs qui ont décrits les caractéristiques des deux peuples et ainsi montrer leur différence évidente. Les celtes sont décrits comme gais, légers, ardents, aimant les combats et prompts à l’attaque.
Les ibères sont décrits comme graves, sérieux, presque sombres, aimant la guerrer et la soutenant avec une opiniatreté invincible.
A la vue des caractéristiques de ces deux peupes, Henri Boudet suppose que le choc fut être terrible dans ces deux peuples s’opposèrent.
Il prend pour référence un texte de Diodore de Sicile sans pour autant donner la référence du texte, dans lequel l’auteur cite les combats des deux peuples pour l’attribution du territoire jusqu’au jour où ils signèrent un accord pacaifiques, où les deux peuples vécurent ensemble sur le même territoire. Ils se sont mêlés par des alliances. Ceci a donné la nation celtibérienne avec néanmoins une prédominance pour le sang ibère.
Didoore de Sicile est un historien grec qui a vécu au premièer siècle avant notre ère. Il est contemporain de Jules César. Ses œuvres majeures sont « Bibliothèque Historique » et « Histoire universelle » .
Didodore de Sicile nous parle des Celtibériens dans le livre V de « Bibliothèque Historique ». La description des Celtibériens commence au paragraphe XXXIII. Est-ce une coïncidence ?
Les paragraphes XXIV à XXXII concernent les Gaulois.
A partir du paragraphe XXXIII, nous avons une description des Celtibères. Ce que dit Henri Boudet reprend assez fidèlement le début du paragraphe XXXIII.
Dans les paragraphes XXXIII et XXXIV Diodore de Sicile nous parle de la bravoure des Celtibériens, de leurs mœurs de leurs cruauté, de leur grande aptitude guerrière.
Dans les paragraphes XXXV, XXXVI, XXXVII et XXXVIII, Diodore de Sicile ne nous parle que des mines exploitées par les Celtibériens. Les premières mines exploitées furent des mines d’argent. Ils échangeaient ou vendaient cet argent à des prix dérisoires avant qu’ils comprennent réellement la valeur de ce métal. Ces mines étaient très fournies. Ils exploitèrent des mines de cuivre, d’or et d’argent et cela fit leur forturne.
Quand les romains conquérir le territoire, bon nombreux de locaux furent mis en esclavage pour exploiter creuser et exploiter les mines. « Ces fouilles d’étendent aussi bien en longueur qu’en profondeur : ces galeries ont plusieurs stades d’étendue. C’est de ces galeries longues, profondes et tortueuses que les spectateurs tirent leurs trésors. ». No comment.
Ils asséchaient les galeries inondées grâce au moyen de vis égyptiennes d’Archimède. Il est dit qu’Archimède inventa ce mécanisme de vis-san-fin afin de faire remonter de l’eau à un niveau supérieur que son niveau d’origine. Il l’avait inventé en Egypte pour aider les agriculteurs à irriger leurs champs.
Diodire de Sicile finit par le fait que l’exploitation de ces mines n’était pas récente. Les Carthaginois les exploitaient déjà et cela leur a permis de payer des soldats mercenaires pour combattre les Romains.
Des mines, des galeries, des galeries inondées, un mécanisme pour assécher ces galeries, un accès à d‘autres filons de cuivre, d’or et d’argent. Est-ce là le message à retenir plus qu el’alliance entre les celtes et les Ibères ? C’est en tous les cas sur ce point que Diodore de Sicile s’attarde, bien plus que sur le la fait que les Celtibériens sont isssus d’une alliance entre les Celtes et les Ibères.
Joseph Harthur de Gobineau fit paraître en 1855 un livre qui se nomme « Essai sur l’inégalité des races humaines ». Dans cet essai, il tente de catégoriser arbitrairement les hommes selon des critères morphologiques, ethnico-sociaux, culturels, politiques ou liés à la couleur de peau afin d’en définir des races.
Les auteurs antiques mentionnent l’Ibérie, la région, bien avant les Ibères.
Les premiers historiens grecs antiques sui font références aux Ibères sont : Hécatée de Milet, Hérodote, Strabon et Avienus.
Tous les textes des auteurs antiques que nous avons trouvés (hormis Diodore de Sicile) parlent de la géographie et des légendes Ibériques uniquement.
Dans « Extraits des auteurs grecs concernant la géographie et l’histoire des Gaules » d’Edmond Cougny, de 1878, nous relevons les commentaires suivants d’Eustathe de Théssalonique (1115 – 1195) :
| De ces Ibères d’Europe les Ibères orientaux sont une colonie, comme des Galates européens ceux d’Asie, près d’Ancyre… Celtus et Iber sont fils d’Héraclès et d’une femme barbare, et c’est d’eaux que viennent ces peuples, les Celtes et les Ibères. |
| Aux environs de la Pyrène, c’est-à-dire du mont Pyrènè, habitent les Celtes, près de la source de l’Eridan aux belles eaux, qui, au dire de quelques-uns, est le fleuve appelé aujourd’hui Pade (Le Pô)… « Les enfants des Celtes, assis sous les peupliers, expriment les larmes de l’ambre qui a l’éclat de l’or…, » cela veut dire qu’ils recueillent l’ambre qui est tel… Il est évident que ledit ambre, en raison de son éclat doré, passe pour être les larmes d’Héliades. Car l’or est le métal consacré au soleil. Notez de Dionysios (Denys) appelle plus loin l’ambre pierre parapotamienne (c’est-à-dire qui se trouve sur les bords des fleuves) – La Pyrène est une très grande montagne qui sépare l’Ibérie de la Celtique… Au lieu de « Keltoi », le géographe (Strabon) dit « Keltai ». C’est de leur nom que tous les Galates d’Europe ont été appelés Celtes par les Hellènes. |
Même si ces estraits ne donnent pas les atributs des celtes, ni des Ibères, il est intéressant de relever qu’aux environs des Pyrénées, les enfants de celtes ramassaient de l’ambre à même le sol sur les bords des fleuves. Il considérait cet ambre comme des larmes du dieu soleil Héliades à cause de l’éclat de l’or que possède l’ambre.
La légende dit que Celtes et les Ibéres sont frères et descendants de Celtus et Iber, tous deux fils d’Héraclès et d’une barbare (il faut entendre « gauloise ») du nom de Celtine ou Celto.
Une citation de Jules César sur les Gaulois : « Si les Gaulois sont ardents et prompts à entreprendre une guerre, pour supporter les désastres leur esprit est mou et sans résistance. »
A ce stade, nous n’avons pas identifié l’origine des caractéristiques des Celtes et des Ibères avancées par Henri Boudet : « Les celtes sont gais, légers, ardents, aimant les combats et prompts à l’attaque. Les ibères sont graves, sérieux, presque sombres, aimant la guerre et la soutenant avec une opiniatreté invincible. »
La formule « opiniâtreté invincible » est présente comme exemple dans de nombreux dictionnaires. Cette formule est tirée du texte « Oraison funèbre d’Henriette-Anne de France » de Bossuet, en 1669 ; Henriette-Marie épouse de Monsieur, frère de Louis XIV :
| Chacun s’est fait à soi-même un tribunal où il s’est rendu l’arbitre de sa croyance : (…) chaque fidèle en deviendrait l’interprète, et croirait que le Saint-Esprit lui en dicte l’explication; il n’y a point de particulier qui ne se voie autorisé par cette doctrine à adorer ses inventions, à consacrer ses erreurs. (…) Dès lors on a bien prévu que la licence n’ayant plus de frein, les sectes se multiplieraient jusqu’à l’infini ; que l’opiniâtreté serait invincible. |
Ce n’est qu’à la lecture de la page suivante, page 140, qu’Henri Boudet nous lâche le nom de l’abbé Monlezun.
C’est dans le livre « Histoire de la Gascogne » de l’abbé Monlezun, de 1846, que nous avons la description des Gals (Celtes) et des Ibères, comme suit :
| Du reste, rien de plus opposé que les mœurs et les habitudes des Gals et des Ibères (1): ceux-ci graves, sérieux, recueillis, presque taciturnes ; ceux-là gais, légers, insatiablement avides et curieux, parleurs terribles et infatigables, se riant de leur parole et de leur foi : à eux le courage de l’attaque, comme aux premiers celui de la résistance (2).
Les deux peuples étaient trop voisins pour ne pas se rencontrer, et avec des caractères si différents, la lutte était inévitable, et avec la lutte devait naître souvent la guerre. Une d’elles surtout fut longue et terrible. À la fin, les deux races affaiblies et fatiguées se rapprochèrent et s’unirent. De ce mélange, disent les historiens, sortit la nation Celtibérienne (3), mixte de nom comme d’origine, mais dans laquelle le sang ibérien prédomina. (1) Dom Martin. — (2) Michelet, tome 1er. (3) Isidore de Séville, Pline, et surtout Diodore de Sicile, liv. 4 |
Henri Boudet nous dit :
| Tous les auteurs ont reproduit les traits différents de caractère qui séparent les Ibères et les Celtes : ceux-ci étaient gais, légers, ardent, aimant les combats et prompts à l’attaque ; les Ibères au contraires étaient graves, sérieux, presque sombres, aimant aussi la guerre et la soutenant avec une opiniâtreté invincible.
Lorsque les deux peuples se sont rencontrés, le choc a dû être terrible. Après avoir combattu pour la possession du pays, rapporte Diodore de Sicile, les Celtes et les Ibères l’ont habité en commun, en vertu d’un accord pacifique, et ils se sont mêlés par des alliances. De ce mélange est sorti une nation Celtibérienne, dans laquelle le sang ibère est resté prédominant. |
Nous voyons qu’Henri Boudet à paraphrasé le livre de l’abbé Monlezun.
Est-ce qu’Henri Boudet était du même avis que l’abbé Monlezun et c’est la raison pour laquelle il a repris le texte de ce dernier ou bien est-ce qu’Henri Boudet n’a repris ce texte que « pour faire du remplissage » ?
On relève l’absence de tiret pour « ceux ci » et la présence d’un caractère qui ressemble à un tiret après le mot « combats- ».

Extrait de « Bibliothèque Historique », Livre V, de Diodore de Sicile :

« Extraits des auteurs grecs concernant la géographie et l’histoire des Gaules » d’Edmond Cougny, de 1878 :



Extrait du livre « Histoire de la Gascogne » de l’abbé Monlezun, de 1846 :


Liens :
Cantabres : https://fr.wikipedia.org/wiki/Cantabres
Guérilleros : https://www.cnrtl.fr/definition/guerilleros
Celtibères : https://fr.wikipedia.org/wiki/Celtib%C3%A8res
Diodore de Sicile : https://fr.wikipedia.org/wiki/Diodore_de_Sicile
Bibliothèque Historique : https://fr.wikipedia.org/wiki/Biblioth%C3%A8que_historique
Histoire de l’Humanité : https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27humanit%C3%A9
Bibliothèque Historique de Diodore de Sicile : https://www.mediterranees.net/geographie/diodore/livre5.html
Vis d’Archimède : https://fr.wikipedia.org/wiki/Vis_d%27Archim%C3%A8de
Archimède : https://fr.wikipedia.org/wiki/Archim%C3%A8de
Arthur de Gobineau : https://fr.wikipedia.org/wiki/Arthur_de_Gobineau
Essai sur l’inégalité des races humaines : https://fr.wikipedia.org/wiki/Essai_sur_l%27in%C3%A9galit%C3%A9_des_races_humaines
Hécatée de Milet : https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9cat%C3%A9e_de_Milet
Hérodote : https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9rodote
Strabon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Strabon
Avienus : https://fr.wikipedia.org/wiki/Avienus
Eustathe de Théssalonique : https://fr.wikipedia.org/wiki/Eustathe_de_Thessalonique
Celtine / Celto : https://fr.wikipedia.org/wiki/Celtine
Celtos : https://fr.wikipedia.org/wiki/Celtos_fils_d%27H%C3%A9racl%C3%A8s
Oraison funèbre d’Henriette-Anne de France de Bossuet : https://fr.wikipedia.org/wiki/Oraison_fun%C3%A8bre_de_Henriette-Anne_d%27Angleterre
Les oraisons funèbres de Bossuet : https://fr.wikipedia.org/wiki/Oraisons_fun%C3%A8bres_de_Bossuet



